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Comment la rénovation énergétique des bâtiments industriels peut accélérer la transition écologique en France

Comment la rénovation énergétique des bâtiments industriels peut accélérer la transition écologique en France

Comment la rénovation énergétique des bâtiments industriels peut accélérer la transition écologique en France

Pourquoi les bâtiments industriels sont un levier sous-estimé de la transition écologique

En France, on parle beaucoup de la rénovation énergétique des logements, un peu des bureaux… mais très peu des bâtiments industriels. Hangars logistiques, usines, entrepôts frigorifiques, ateliers : ce parc immobilier, souvent ancien, mal isolé et très énergivore, représente pourtant un gisement colossal d’économies d’énergie et de réduction d’émissions de CO₂.

Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), l’industrie représente environ 19 % de la consommation finale d’énergie en France et plus de 20 % des émissions territoriales de gaz à effet de serre*. Une partie de cette consommation est directement liée aux bâtiments eux-mêmes : chauffage de grands volumes, ventilation, éclairage, froid industriel, air comprimé mal optimisé, etc.

Améliorer la performance énergétique des bâtiments industriels, c’est donc agir sur un double levier : la facture énergétique des entreprises et l’empreinte climatique du pays. Et, bonne nouvelle, le cadre réglementaire français incite de plus en plus fortement à passer à l’action.

Un cadre légal qui pousse les industriels à rénover

Depuis une dizaine d’années, la France a progressivement mis en place un arsenal réglementaire pour réduire les consommations d’énergie dans le secteur du bâtiment, y compris pour une partie des bâtiments industriels.

Les lois-clés à connaître

Le décret tertiaire : une obligation qui concerne aussi de nombreux sites industriels

Le décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019, dit « décret tertiaire », impose une réduction progressive des consommations d’énergie finale des bâtiments à usage tertiaire de plus de 1 000 m². Objectif :

De nombreux sites industriels entrent partiellement dans ce cadre : bureaux administratifs, laboratoires, centres de R&D, showrooms, plateformes logistiques, espaces de formation, etc. Les entreprises doivent déclarer leurs consommations sur la plateforme OPERAT, gérée par l’ADEME, et démontrer année après année leurs progrès.

Parallèlement, le Code de la construction et de l’habitation (CCH) impose, pour les bâtiments neufs, des exigences de performance énergétique de plus en plus exigeantes. La RE2020 (réglementation environnementale 2020), même si elle cible prioritairement les bâtiments résidentiels et certains bâtiments tertiaires, impulse une dynamique générale vers des constructions sobres, bas carbone et adaptées au changement climatique.

Résultat : les industriels qui investissent aujourd’hui dans la rénovation énergétique anticipent non seulement des économies, mais aussi un durcissement probable des exigences réglementaires à venir, au niveau français comme européen (paquet « Fit for 55 », directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments – EPBD, etc.).

Où se cachent les gisements d’économies dans un bâtiment industriel ?

Sur un site industriel, la part de l’énergie dédiée aux procédés (fours, lignes de production, machines-outils) est souvent majoritaire. Mais le bâtiment lui-même représente fréquemment entre 15 et 40 % de la facture énergétique, selon la nature de l’activité. Les principaux postes d’amélioration sont bien identifiés.

1. Enveloppe du bâtiment : stopper les fuites invisibles

2. Chauffage, ventilation, climatisation : viser la sobriété intelligente

3. Éclairage et pilotage : le nerf de la guerre

Des bénéfices bien au-delà de la facture d’énergie

La rénovation énergétique d’un bâtiment industriel est souvent perçue comme un coût. Dans les faits, c’est un investissement stratégique, avec des retours multiples, mesurables et… parfois inattendus.

1. Compétitivité et résilience économique

2. Attractivité sociale et conditions de travail

3. Contribution mesurable aux objectifs climatiques nationaux

En diminuant la demande en énergie et en substituant progressivement les énergies fossiles par des solutions renouvelables (solaire photovoltaïque en toiture, biomasse, chaleur fatale, géothermie de surface…), la rénovation des bâtiments industriels contribue directement aux objectifs de la LTECV, de la SNBC et du Plan national intégré énergie-climat (PNEC).

Chaque MWh non consommé ou décarboné rapproche la France de la neutralité carbone. Les industriels qui s’engagent dès aujourd’hui ne font pas seulement « leur part » : ils démontrent aussi que transition écologique et performance économique peuvent aller de pair.

Comment passer à l’action : une feuille de route en quatre étapes

Pour une entreprise industrielle, la rénovation énergétique ne doit pas être un coup ponctuel, mais une stratégie structurée. Une démarche en quatre grands temps permet de sécuriser les résultats.

Un accélérateur concret de la transition écologique française

La France ne pourra atteindre ses objectifs climatiques sans transformer en profondeur son tissu industriel. Les grands discours sur la décarbonation doivent se traduire, très concrètement, par des hangars mieux isolés, des toitures bardées de panneaux solaires, des ateliers chauffés par la chaleur fatale plutôt que par le gaz, des entrepôts pilotés au kilowattheure près.

En s’appuyant sur le cadre légal existant – LTECV, loi ELAN, décret tertiaire, SNBC, Code de l’énergie – et sur les outils techniques et financiers désormais disponibles, la rénovation énergétique des bâtiments industriels peut devenir un formidable accélérateur de la transition écologique en France.

Aux industriels qui hésitent encore, les chiffres parlent d’eux-mêmes : chaque euro investi dans un bâtiment plus sobre réduit la dépendance énergétique, renforce la compétitivité et améliore l’empreinte environnementale. Dans un monde où la contrainte carbone se durcit, ceux qui agissent aujourd’hui construisent l’avantage concurrentiel de demain.

Sources et références

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